— Heu! fit Grimaud.

— Quoi? demanda Athos.

— Planchet, monsieur.

— Lieutenant hier, dit Aramis, capitaine aujourd'hui, colonel sans doute demain; dans huit jours le gaillard sera maréchal de France.

— Demandons-lui quelques renseignements, dit Athos.

Et les deux amis s'approchèrent de Planchet, qui, plus fier que jamais d'être vu en fonctions, daigna expliquer aux deux gentilshommes qu'il avait ordre de prendre position sur la place Royale avec deux cents hommes formant l'arrière-garde de l'armée parisienne, et de se diriger de là vers Charenton quand besoin serait.

Comme Athos et Aramis allaient du même côté, ils escortèrent
Planchet jusque sur son terrain.

Planchet fit assez adroitement manoeuvrer ses hommes sur la place Royale, et les échelonna derrière une longue file de bourgeois placée rue et faubourg Saint-Antoine, en attendant le signal du combat.

— La journée sera chaude, dit Planchet d'un ton belliqueux.

— Oui, sans doute, répondit Aramis; mais il y a loin d'ici à l'ennemi.