— En effet, un gros de cavaliers vient à nous! fit Châtillon.

— Je reconnais M. le coadjuteur à son chapeau de la fronde.

— Et moi, M. de Beaufort à ses plumes blanches.

— Ils viennent au galop. M. le Prince est avec eux. Ah! voilà qu'il les quitte.

— On bat le rappel, s'écria Châtillon. Entendez-vous? Il faut nous informer.

En effet, on voyait les soldats courir à leurs armes, les cavaliers qui étaient à pied se remettre en selle, les trompettes sonnaient, les tambours battaient; M. de Beaufort tira l'épée.

De son côté, M. le Prince fit un signe de rappel, et tous les officiers de l'armée royale, mêlés momentanément aux troupes parisiennes, coururent à lui.

— Messieurs, dit Châtillon, la trêve est rompue, c'est évident; on va se battre. Rentrez donc dans Charenton, car j'attaquerai sous peu. Voilà le signal que M. le Prince me donne.

En effet, une cornette élevait par trois fois en l'air le guidon de M. le Prince.

— Au revoir, monsieur le chevalier! cria Châtillon.