— Aramis! cria-t-il.
Un gentilhomme se retourna: c'était celui qu'avait cru reconnaître Athos. Ce gentilhomme, C'était Aramis. Il salua amicalement le comte.
— Aramis, dit Athos, on m'arrête.
— Bien, répondit flegmatiquement Aramis.
— Monsieur, dit Athos en se retournant vers Comminges et en lui présentant avec politesse son épée par la poignée, voici mon épée; veuillez me la garder avec soin pour me la rendre quand je sortirai de prison. J'y tiens, elle a été donnée par le roi François Ier à mon aïeul. Dans son temps on armait les gentilshommes, on ne les désarmait pas. Maintenant, où me conduisez-vous?
— Mais… dans ma chambre d'abord, dit Comminges. La reine fixera le lieu de votre domicile ultérieurement.
Athos suivit Comminges sans ajouter un seul mot.
LXXXVI. La royauté de M. de Mazarin
L'arrestation n'avait fait aucun bruit, causé aucun scandale et était même restée à peu près inconnue. Elle n'avait donc en rien entravé la marche des événements, et la députation envoyée par la ville de Paris fut avertie solennellement qu'elle allait paraître devant la reine.
La reine la reçut, muette et superbe comme toujours; elle écouta les doléances et les supplications des députés; mais, lorsqu'ils eurent fini leurs discours, nul n'aurait pu dire, tant le visage d'Anne d'Autriche était resté indifférent, si elle les avait entendus.