— Monsieur d'Artagnan! murmura Mazarin, qui ne pouvait revenir de son étonnement.
— Oui, Monseigneur, moi-même, et j'ai l'honneur de vous présenter M. du Vallon, cet excellent ami à moi, auquel Votre Éminence a eu la bonté de s'intéresser si vivement autrefois.
Et d'Artagnan dirigea la lumière de la lampe vers le visage joyeux de Porthos, qui commençait à comprendre et qui en était tout fier.
— Vous alliez chez M. de La Fère, continua d'Artagnan. Que nous ne vous gênions pas, Monseigneur. Veuillez nous montrer le chemin, et nous vous suivrons.
Mazarin reprenait peu à peu ses esprits.
— Y a-t-il longtemps que vous êtes dans l'orangerie, messieurs? demanda-t-il d'une voix tremblante en songeant à la visite qu'il venait de faire à son trésor.
Porthos ouvrit la bouche pour répondre, d'Artagnan lui fit un signe, et la bouche de Porthos, demeurée muette, se referma graduellement.
— Nous arrivons à l'instant même, Monseigneur, dit d'Artagnan.
Mazarin respira: il ne craignait plus pour son trésor; il ne craignait que pour lui-même. Une espèce de sourire passa sur ses lèvres.
— Allons, dit-il, vous m'avez pris au piège, messieurs, et je me déclare vaincu. Vous voulez me demander votre liberté, n'est-ce pas? Je vous la donne.