— Je n'y vois, dit-elle, que des conditions générales. Les intérêts de M. de Conti, de M. de Beaufort, de M. de Bouillon, de M. d'Elbeuf et de M. le coadjuteur y sont établis. Mais les vôtres?
— Nous nous rendons justice, Madame, tout en nous plaçant à notre hauteur. Nous avons pensé que nos noms n'étaient pas dignes de figurer près de ces grands noms.
— Mais vous, vous n'avez pas renoncé, je présume, à m'exposer vos prétentions de vive voix?
— Je crois que vous êtes une grande et puissante reine, Madame, et qu'il serait indigne de votre grandeur et de votre puissance de ne pas récompenser dignement les bras qui ramèneront Son Éminence à Saint-Germain.
— C'est mon intention, dit la reine; voyons, parlez.
— Celui qui a traité l'affaire (pardon si je commence par moi, mais il faut bien que je m'accorde l'importance, non pas que j'ai prise, mais qu'on m'a donnée), celui qui a traité l'affaire du rachat de M. le cardinal doit être, ce me semble, pour que la récompense ne soit pas au-dessous de Votre Majesté, celui-là doit être fait chef des gardes, quelque chose comme capitaine des mousquetaires.
— C'est la place de M. de Tréville que vous me demandez là!
— La place est vacante, Madame, et depuis un an que
M. de Tréville l'a quittée, il n'a point été remplacé.
— Mais c'est une des premières charges militaires de la maison du roi!
— M. de Tréville était un simple cadet de Gascogne comme moi,
Madame, et il a occupé cette charge vingt ans.