— Oui, je comprends, dit d'Artagnan, c'est pour le jeune homme, pour Raoul.
Et d'Artagnan regarda Athos avec un sourire involontaire.
— Vous avez deviné, mon ami! dit Athos.
— Et ce jeune homme est votre commensal, votre filleul, votre parent peut-être? Ah! que vous êtes changé, mon cher Athos!
— Ce jeune homme, répondit Athos avec calme, ce jeune homme, d'Artagnan, est un orphelin que sa mère avait abandonné chez un pauvre curé de campagne; je l'ai nourri, élevé.
— Et il doit vous être bien attaché?
— Je crois qu'il m'aime comme si j'étais son père.
— Bien reconnaissant surtout?
— Oh! quant à la reconnaissance, dit Athos, elle est réciproque, je lui dois autant qu'il me doit; et je ne le lui dis pas, à lui, mais je le dis à vous, d'Artagnan, je suis encore son obligé.
— Comment cela? dit le mousquetaire étonné.