— Ne venez-vous point avec moi, dit-il en riant à Raoul, je passe par Blois?

Raoul se retourna vers Athos qui le retint d'un signe imperceptible.

— Non, monsieur, répondit le jeune homme, je reste près de monsieur le comte.

— En ce cas, adieu tous deux, mes bons amis, dit d'Artagnan en leur serrant une dernière fois la main, et Dieu vous garde! comme nous nous disions chaque fois que nous nous quittions du temps du feu cardinal.

Athos lui fit un signe de la main, Raoul une révérence, et d'Artagnan et Planchet partirent.

Le comte les suivit des yeux, la main appuyée sur l'épaule du jeune homme, dont la taille égalait presque la sienne; mais aussitôt qu'ils eurent disparu derrière le mur:

— Raoul, dit le comte, nous partons ce soir pour Paris.

— Comment! dit le jeune homme en pâlissant.

— Vous pouvez aller présenter mes adieux et les vôtres à madame de Saint-Remy. Je vous attendrai ici à sept heures.

Le jeune homme s'inclina avec une expression mêlée de douleur et de reconnaissance, et se retira pour aller seller son cheval.