Il se voyait si admirablement gardé qu'il avait reconnu l'inutilité de ses tentatives; toute sa vengeance consistait à lancer nombre d'imprécations et d'injures contre le Mazarin. Il avait même essayé de faire des couplets, mais il y avait bien vite renoncé. En effet, M. de Beaufort non seulement n'avait pas reçu du ciel le don d'aligner des vers, mais encore ne s'exprimait souvent en prose qu'avec la plus grande peine du monde. Aussi Blot, le chansonnier de l'époque, disait-il de lui:
Dans un combat il brille, il tonne!
On le redoute avec raison;
Mais de la façon qu'il raisonne,
On le prendrait pour un oison.
Gaston, pour faire une harangue,
Éprouve bien moins d'embarras;
Pourquoi Beaufort n'a-t-il la langue!
Pourquoi Gaston n'a-t-il le bras?
Ceci posé, on comprend que le prisonnier se soit borné aux injures et aux imprécations.