— Mais parfaitement bien, monsieur, et tout à fait remis et dispos.
— C'est que vous grandissez encore, continua Athos avec un intérêt paternel et charmant d'homme mûr pour le jeune homme, et que les fatigues sont doubles à votre âge.
— Oh! monsieur, je vous demande bien pardon, dit Raoul honteux de tant de prévenances, mais dans un instant je vais être habillé.
Athos appela Olivain, et en effet au bout de dix minutes, avec cette ponctualité qu'Athos, rompu au service militaire, avait transmise à son pupille, le jeune homme fut prêt.
— Maintenant, dit le jeune homme au laquais, occupez-vous de mon bagage.
— Vos bagages vous attendent, Raoul, dit Athos. J'ai fait faire la valise sous mes yeux, et rien ne vous manquera. Elle doit déjà, ainsi que le portemanteau du laquais, être placée sur les chevaux, si toutefois on a suivi les ordres que j'ai donnés.
— Tout a été fait selon la volonté de monsieur le comte, dit
Olivain, et les chevaux attendent.
— Et moi qui dormais, s'écria Raoul, tandis que vous, monsieur, vous aviez la bonté de vous occuper de tous ces détails! Oh! mais, en vérité, monsieur, vous me comblez de bontés.
— Ainsi vous m'aimez un peu, je l'espère du moins? répliqua Athos d'un ton presque attendri.
— Oh! monsieur, s'écria Raoul, qui, pour ne pas manifester son émotion par un élan de tendresse, se domptait presque à suffoquer, oh! Dieu m'est témoin que je vous aime et que je vous vénère.