— Adieu, murmura le comte, qui sentait son coeur se fondre, adieu, et pensez à moi.

— Oh! éternellement! éternellement! s'écria le jeune homme. Oh! je le jure, monsieur, et s'il m'arrive malheur, votre nom sera le dernier nom que je prononcerai, votre souvenir ma dernière pensée.

Athos remonta précipitamment pour cacher son émotion, donna une pièce d'or au gardien des tombeaux, s'inclina devant l'autel et gagna à grands pas le porche de l'église, au bas duquel Olivain attendait avec les deux autres chevaux.

— Olivain, dit-il en montrant le baudrier de Raoul, resserrez la boucle de cette épée qui tombe un peu bas. Bien. Maintenant, vous accompagnerez M. le vicomte jusqu'à ce que Grimaud vous ait rejoints; lui venu, vous quitterez le vicomte. Vous entendez, Raoul? Grimaud est un vieux serviteur plein de courage et de prudence, Grimaud vous suivra.

— Oui, monsieur, dit Raoul.

— Allons, à cheval, que je vous voie partir.

Raoul obéit.

— Adieu! Raoul, dit le comte, adieu, mon cher enfant.

— Adieu, monsieur, dit Raoul, adieu, mon bien-aimé protecteur!

Athos fit signe de la main, car il n'osait parler, et Raoul s'éloigna, la tête découverte.