En ce moment Mousqueton revint avec les trois chevaux tout accommodés. D'Artagnan se remit en selle comme s'il se reposait depuis huit jours.

— Oh! dit-il à Planchet, ma longue épée…

— Moi, dit Porthos montrant une petite épée de parade à la garde toute dorée, j'ai mon épée de cour.

— Prenez votre rapière, mon ami.

— Et pourquoi?

— Je n'en sais rien, mais prenez toujours, croyez-moi.

— Ma rapière, Mouston, dit Porthos.

— Mais c'est tout un attirail de guerre, monsieur! dit celui-ci; nous allons donc faire campagne? Alors dites-le moi tout de suite, je prendrai mes précautions en conséquence.

— Avec nous, Mouston, vous le savez, reprit d'Artagnan, les précautions sont toujours bonnes à prendre. Ou vous n'avez pas grande mémoire, ou vous avez oublié que nous n'avons pas l'habitude de passer nos nuits en bals et en sérénades.

— Hélas! c'est vrai, dit Mousqueton en s'armant de pied en cap, mais je l'avais oublié.