Un éclat de rire répondit, mais il s'acheva dans un gémissement; d'Artagnan avait percé le rieur de part en part avec son épée.

En même temps deux détonations ne faisaient qu'un seul coup: c'étaient Porthos et son adversaire qui tiraient l'un sur l'autre.

D'Artagnan se retourna et vit Porthos près de lui.

— Bravo! Porthos, dit-il, vous l'avez tué, ce me semble?

— Je crois que je n'ai touché que le cheval, dit Porthos.

— Que voulez-vous, mon cher? on ne fait pas mouche à tous coups, et il ne faut pas se plaindre quand on met dans la carte. Hé! parbleu! qu'a donc mon cheval?

— Votre cheval a qu'il s'abat, dit Porthos en arrêtant le sien.

En effet, le cheval de d'Artagnan butait et tombait sur les genoux, puis il poussa un râle et se coucha.

Il avait reçu dans le poitrail la balle du premier adversaire de d'Artagnan.

D'Artagnan poussa un juron à faire éclater le ciel.