— Eh bien! soyez des nôtres alors, dit Aramis.
— Silence, d'Herblay, dit Athos, on ne fait point de ces propositions-là à des hommes comme ces messieurs. S'ils sont entrés dans le parti de Mazarin, c'est que leur conscience les a poussés de ce côté, comme la nôtre nous a poussés du côté des princes.
— En attendant, nous voilà ennemis, dit Porthos; sang-bleu! qui aurait jamais cru cela?
D'Artagnan ne dit rien, mais poussa un soupir.
Athos les regarda et prit leurs mains dans les siennes.
— Messieurs, dit-il, cette affaire est grave, et mon coeur souffre comme si vous l'aviez percé d'outre en outre. Oui, nous sommes séparés, voilà la grande, voilà la triste vérité, mais nous ne nous sommes pas déclaré la guerre encore; peut-être avons-nous des conditions à faire, un entretien suprême est indispensable.
— Quant à moi, je le réclame, dit Aramis.
— Je l'accepte, dit d'Artagnan avec fierté.
Porthos inclina la tête en signe d'assentiment.
— Prenons donc un lieu de rendez-vous, continua Athos, à la portée de nous tous, et dans une dernière entrevue réglons définitivement notre position réciproque et la conduite que nous devons tenir les uns vis-à-vis des autres.