Athos et Aramis descendirent de cheval en apercevant d'Artagnan et
Porthos.

Ceux-ci en firent autant. D'Artagnan remarqua que les trois chevaux, au lieu d'être tenus par Bazin, étaient attachés aux anneaux des arcades. Il ordonna à Planchet de faire comme faisait Bazin.

Alors ils s'avancèrent, deux contre deux, suivis des valets, à la rencontre les uns des autres, et se saluèrent poliment.

— Où vous plaît-il que nous causions, messieurs? dit Athos, qui s'aperçut que plusieurs personnes s'arrêtaient et les regardaient, comme s'il s'agissait d'un de ces fameux duels, encore vivants dans la mémoire des Parisiens, et surtout de ceux qui habitaient la place Royale.

— La grille est fermée, dit Aramis, mais si ces messieurs aiment le frais sous les arbres et une solitude inviolable, je prendrai la clef à l'hôtel de Rohan, et nous serons à merveille.

D'Artagnan plongea son regard dans l'obscurité de la place, et Porthos hasarda sa tête entre deux barreaux pour sonder les ténèbres.

— Si vous préférez un autre endroit, messieurs, dit Athos de sa voix noble et persuasive, choisissez vous-mêmes.

— Cette place, si M. d'Herblay peut s'en procurer la clef, sera, je le crois, le meilleur terrain possible.

Aramis s'écarta aussitôt, en prévenant Athos de ne pas rester seul ainsi à portée de d'Artagnan et de Porthos; mais celui auquel il donnait ce conseil ne fit que sourire dédaigneusement, et fit un pas vers ses anciens amis qui demeurèrent tous deux à leur place.

Aramis avait effectivement été frapper à l'hôtel de Rohan, il parut bientôt avec un homme qui disait: