La reine fit en souriant un signe de la tête, la jeune princesse rouvrit la porte et Raoul apparut sur le seuil.
Il fit trois pas vers la reine et s'agenouilla.
— Madame, dit-il, j'apporte à Votre Majesté une lettre de mon ami, M. le comte de Guiche, qui m'a dit avoir l'honneur d'être de vos serviteurs; cette lettre contient une nouvelle importante et l'expression de ses respects.
Au nom du comte de Guiche, une rougeur se répandit sur les joues de la jeune princesse; la reine la regarda avec une certaine sévérité.
— Mais vous m'aviez dit que la lettre était du maréchal de
Grammont, Henriette! dit la reine.
— Je le croyais, Madame… balbutia la jeune fille.
— C'est ma faute, Madame, dit Raoul, je me suis annoncé effectivement comme venant de la part du maréchal de Grammont; mais blessé au bras droit, il n'a pu écrire, et c'est le comte de Guiche qui lui a servi de secrétaire.
— On s'est donc battu? dit la reine faisant signe à Raoul de se relever.
— Oui, Madame, dit le jeune homme remettant la lettre à de Winter, qui s'était avancé pour la recevoir et qui la transmit à la reine.
À cette nouvelle d'une bataille livrée, la jeune princesse ouvrit la bouche pour faire une question qui l'intéressait sans doute; mais sa bouche se referma sans avoir prononcé une parole, tandis que les roses de ses joues disparaissaient graduellement.