— Au meurtre! au feu! à l'assassin! On tue M. Broussel! on égorge
M. Broussel!

C'était la voix de Friquet. Dame Nanette, se sentant soutenue, reprit alors avec plus de force et fit chorus.

Déjà des têtes curieuses apparaissaient aux fenêtres. Le peuple, attiré au bout de la rue, accourait, des hommes, puis des groupes, puis une foule: on entendait les cris; on voyait un carrosse, mais on ne comprenait pas. Friquet sauta de l'entresol sur l'impériale de la voiture.

— Ils veulent arrêter M. Broussel! cria-t-il; il y a des gardes dans le carrosse, et l'officier est là-haut.

La foule se mit à gronder et s'approcha des chevaux. Les deux gardes qui étaient restés dans l'allée montèrent au secours de Comminges; ceux qui étaient dans le carrosse ouvrirent les portières et croisèrent la pique.

— Les voyez-vous? criait Friquet. Les voyez-vous? les voilà.

Le cocher se retourna et envoya à Friquet un coup de fouet qui le fit hurler de douleur.

— Ah! cocher du diable! s'écria Friquet, tu t'en mêles? attends!

Et il regagna son entresol, d'où il accabla le cocher de tous les projectiles qu'il put trouver.

Malgré la démonstration hostile des gardes, et peut-être même à cause de cette démonstration, la foule se mit à gronder et s'approcher des chevaux. Les gardes firent reculer les plus mutins à grands coups de pique.