— Beaucoup.
— Alors la chose est facile. Oh! comprenez-vous, Giulio? Paris, cet odieux Paris, se réveillant un matin sans reine et sans roi, cerné, assiégé, affamé, n'ayant plus pour toute ressource que son stupide parlement et son maigre coadjuteur aux jambes torses!
— Joli! joli! dit Mazarin: je comprends l'effet; mais je ne vois pas le moyen d'y arriver.
— Je le trouverai, moi!
— Vous savez que c'est la guerre, la guerre civile, ardente, acharnée, implacable.
— Oh! oui, oui, la guerre, dit Anne d'Autriche; oui, je veux réduire cette ville rebelle en cendres; je veux éteindre le feu dans le sang; je veux qu'un exemple effroyable éternise le crime et le châtiment. Paris! je le hais, je le déteste.
— Tout beau, Anne, vous voilà sanguinaire! Prenez garde, nous ne sommes pas au temps des Malatesta et des Castruccio Castracani; vous vous ferez décapiter, ma belle reine, et ce serait dommage.
— Vous riez.
— Je ris très peu, la guerre est dangereuse avec tout un peuple: voyez votre frère Charles Ier, il est mal, très mal.
— Nous sommes en France et je suis Espagnole.