Et tous deux partirent pour Paris.

En arrivant aux portes ils furent étonnés de voir l'attitude menaçante de la capitale. Autour d'un carrosse brisé en morceaux le peuple vociférait des imprécations, tandis que les personnes qui avaient voulu fuir étaient prisonnières, c'est-à-dire un vieillard et deux femmes.

Lorsque au contraire d'Artagnan et Porthos demandèrent l'entrée, il n'est sortes de caresses qu'on ne leur fît. On les prenait pour des déserteurs du parti royaliste, et on voulait se les attacher.

— Que fait le roi? demanda-t-on.

— Il dort.

— Et l'espagnole?

— Elle rêve.

— Et l'italien maudit?

— Il veille. Ainsi tenez-vous fermes; car s'ils sont partis, c'est bien certainement pour quelque chose. Mais comme, au bout du compte, vous êtes les plus forts, continua d'Artagnan, ne vous acharnez pas après des femmes et des vieillards, et prenez-vous-en aux causes véritables.

Le peuple entendit ces paroles avec plaisir et laissa aller les dames, qui remercièrent d'Artagnan par un éloquent regard.