— Que pensez-vous de ce conseil, de Winter? dit le roi, regardant avec admiration ces deux hommes, dont l'unique préoccupation était d'amasser sur leur tête les dangers qui le menaçaient.

— Je pense, sire, que s'il y a un moyen de sauver votre Majesté, monsieur d'Herblay vient de le proposer. Je supplie donc bien humblement Votre Majesté de faire promptement son choix, car nous n'avons pas de temps à perdre.

— Mais si j'accepte, c'est la mort, c'est tout au moins la prison pour celui qui prendra ma place.

— C'est l'honneur d'avoir sauvé son roi! s'écria de Winter.

Le roi regarda son vieil ami les larmes aux yeux, détacha le cordon du Saint-Esprit, qu'il portait pour faire honneur aux deux Français qui l'accompagnaient, et le passa au cou de de Winter, qui reçut à genoux cette terrible marque de l'amitié et de la confiance de son souverain.

— C'est juste, dit Athos: il y a plus longtemps qu'il sert que nous.

Le roi entendit ces mots et se retourna les larmes aux yeux.

— Messieurs, dit-il, attendez un instant, j'ai aussi un cordon à donner à chacun de vous.

Puis il alla à une armoire où étaient renfermés ses propres ordres, et prit deux Cordons de la Jarretière.

— Ces ordres ne peuvent être pour nous, dit Athos.