— Bonjour, messieurs, dit le roi aux deux gentilshommes qu'il
vit, l'un aux mains de d'Artagnan, l'autre aux mains de Porthos.
La journée a été malheureuse, mais ce n'est point votre faute,
Dieu merci! Où est mon vieux de Winter!
Les deux gentilshommes tournèrent la tête et gardèrent le silence.
— Cherche où est Strafford, dit la voix stridente de Mordaunt.
Charles tressaillit: le démon avait frappé juste. Strafford, c'était son remords éternel, l'ombre de ses jours, le fantôme de ses nuits.
Le roi regarda autour de lui et vit un cadavre à ses pieds.
C'était celui de de Winter.
Charles ne jeta pas un cri, ne versa pas une larme, seulement une pâleur plus livide s'étendit sur son visage; il mit un genou en terre, souleva la tête de de Winter, l'embrassa au front, et reprenant le cordon du Saint-Esprit qu'il lui avait passé au cou, il le mit religieusement sur sa poitrine.
— De Winter est donc tué? demanda d'Artagnan en fixant ses yeux sur le cadavre.
— Oui, dit Athos, et par son neveu.
— Allons! c'est le premier de nous qui s'en va, murmura d'Artagnan; qu'il dorme en paix, c'était un brave.
— Charles Stuart, dit alors le colonel du régiment anglais en s'avançant vers le roi qui venait de reprendre les insignes de la royauté, vous rendez-vous notre prisonnier?