— Non, soyez tranquille.
— Bon.
Et Porthos et Mousqueton, tenant chacun un cheval en main, se rendirent à leur poste.
Alors d'Artagnan, resté seul, battit le briquet, alluma un morceau d'amadou deux fois grand comme une lentille, monta à cheval, et vint s'arrêter tout au milieu des soldats, en face de la porte.
Là, tout en flattant l'animal de la main, il lui introduisit le petit morceau d'amadou dans l'oreille.
Il fallait être aussi bon cavalier que l'était d'Artagnan pour risquer un pareil moyen, car à peine l'animal eut-il senti la brûlure ardente qu'il jeta un cri de douleur, se cabra et bondit comme s'il devenait fou.
Les soldats, qu'il menaçait d'écraser, s'éloignèrent précipitamment.
— À moi! à moi! criait d'Artagnan. Arrêtez! arrêtez! mon cheval a le vertige.
En effet, en un instant, le sang parut lui sortir des yeux et il devint blanc d'écume.
— À moi! criait toujours d'Artagnan sans que les soldats osassent venir à son aide. À moi! me laisserez-vous tuer? Jésus Seigneur!