— Oui, mais il se laisse prendre, dit Porthos, c'est un tort.
— J'ai bien envie de boire à la santé du roi, dit Athos.
— Alors, laissez-moi porter la santé, dit d'Artagnan.
— Faites, dit Aramis.
Porthos regardait d'Artagnan, tout étourdi des ressources que son esprit gascon fournissait incessamment à son camarade.
D'Artagnan prit son gobelet d'étain, l'emplit et se leva.
— Messieurs, dit-il à ses compagnons, buvons, s'il vous plaît, à celui qui préside le repas. À notre colonel, et qu'il sache que nous sommes bien à son service jusqu'à Londres et au-delà.
Et comme, en disant ces paroles, d'Artagnan regardait Harrison, Harrison crut que le toast était pour lui, se leva et salua les quatre amis, qui, les yeux attachés sur le roi Charles, burent ensemble, tandis que Harrison, de son côté, vidait son verre sans aucune défiance.
Charles, à son tour, tendit son verre à Parry, qui y versa quelques gouttes de bière, car le roi était au régime de tout le monde; et le portant à ses lèvres, en regardant à son tour les quatre gentilshommes, il but avec un sourire plein de noblesse et de reconnaissance.
— Allons, messieurs, s'écria Harrison en reposant son verre et sans aucun égard pour l'illustre prisonnier qu'il conduisait, en route!