— Ah! oui, dit l'Anglais avec un soupir, c'est vrai, vous êtes joyeux compagnons, vous autres Français.

— Ne jouez-vous donc pas aussi, quand vous êtes de garde?

— Jamais, dit l'Anglais.

— En ce cas vous devez fort vous ennuyer et je vous plains, dit d'Artagnan.

— Le fait est, reprit l'officier, que je vois arriver mon tour avec une certaine terreur. C'est fort long, une nuit tout entière à veiller.

— Oui, quand on veille seul ou avec des soldats stupides; mais quand on veille avec un joyeux partner, quand on fait rouler l'or et les dés sur une table, la nuit passe comme un rêve. N'aimez-vous donc pas le jeu?

— Au contraire.

— Le lansquenet, par exemple?

— J'en suis fou, je le jouais presque tous les soirs en France.

— Et depuis que vous êtes en Angleterre?