Dès le lendemain, en se mettant à sa fenêtre qui donnait sur les quartiers les plus populeux de la Cité, Athos entendit crier le bill du parlement qui traduisait à la barre l'ex-roi Charles Ier, coupable présumé de trahison et d'abus de pouvoir.
D'Artagnan était près de lui. Aramis consultait une carte, Porthos était absorbé dans les dernières délices d'un succulent déjeuner.
— Le parlement! s'écria Athos, il n'est pas possible que le parlement ait rendu un pareil bill.
— Écoutez, dit d'Artagnan, je comprends peu l'anglais; mais, comme l'anglais n'est que du français mal prononcé, voici ce que j'entends: Parliament's bill; ce qui veut dire bill du parlement, ou Dieu me damne, comme ils disent ici.
En ce moment l'hôte entrait; Athos lui fit signe de venir.
— Le parlement a rendu ce bill? lui demanda Athos en anglais.
— Oui milord, le parlement pur.
— Comment, le parlement pur! il y a donc deux parlements?
— Mon ami, interrompit d'Artagnan, comme je n'entends pas l'anglais, mais que nous entendons tous l'espagnol, faites-nous le plaisir de nous entretenir dans cette langue, qui est la vôtre, et que, par conséquent, vous devez parler avec plaisir quand vous en retrouvez l'occasion.
— Ah! parfait, dit Aramis.