— Une demi-pistole, dit d'Artagnan, si tu peux le savoir.
— Pour moi! dit l'enfant dont les yeux étincelèrent de joie, si je puis savoir où va Bazin! ce n'est pas difficile. Vous ne vous moquez pas de moi?
— Non, foi d'officier, tiens, voilà la demi-pistole.
Et il lui montra la pièce corruptrice, mais sans cependant la lui donner.
— Je vais lui demander.
— C'est justement le moyen de ne rien savoir, dit d'Artagnan; attends qu'il soit parti, et puis après, dame! questionne, interroge, informe-toi. Cela te regarde, la demi-pistole est là. Et il la remit dans sa poche.
— Je comprends, dit l'enfant avec ce sourire narquois qui n'appartient qu'au gamin de Paris; eh bien! on attendra.
On n'eut pas à attendre longtemps. Cinq minutes après, Bazin partit au petit trot, activant le pas de son cheval à coups de parapluie.
Bazin avait toujours eu l'habitude de porter un parapluie en guise de cravache.
À peine eut-il tourné le coin de la rue de la Juiverie, que l'enfant s'élança comme un limier sur sa trace.