Sur la première page du livre saint étaient écrits ces mots:
Donné par mon excellente amie la marquise de…
Le nom venait d'être raturé il n'y avait pas dix minutes, et de façon à le rendre illisible.
Étrange chose!
Je levai la tête pour regarder autour de moi, doutant que je fusse en
Afrique, dans la province de Constantine, an camp de Smendou.
Mes yeux s'arrêtèrent sur un petit portrait au daguerréotype.
Ce portrait représentait une femme de vingt-six à vingt-huit ans, accoudée à une fenêtre et regardant le ciel à travers les barreaux d'une prison.
La chose devenait de plus en plus étrange; plus je regardais cette femme, plus j'étais convaincu que je la connaissais.
Seulement, cette ressemblance, qui ne m'était pas étrangère, flottait dans les vagues horizons d'un passé déjà lointain.
Quelle pouvait être cette femme prisonnière? à quelle époque était-elle entrée dans ma vie? de quelle façon s'y était-elle mêlée? quelle part y avait-elle prise, superficielle ou importante? Voilà ce qu'il m'était impossible de préciser.