Le même manège se renouvela dix fois, quinze fois, vingt fois, peut-être, Fosse plongeant, esquivant, à son retour sur l'eau, le coup de patte de l'ours, replongeant et tirant de nouveau l'animal à terre.
Enfin, il reprit pied, remit la chaîne aux mains des saltimbanques, et se jeta hors de la portée de l'animal, furieux et rugissant.
Il va sans dire que tout Beaucaire était sur les ponts et les quais pour assister à cet étrange sauvetage.
En 1839, Fosse sauva la vie à cinq personnes; deux d'entre elles étaient tombées dans le Rhône en franchissant la planche qui conduisait au bateau à vapeur.
C'étaient deux hommes de Grenoble, des marchands de bras de charrette.
Fosse entend crier, fait écarter la foule qui se pressait sur le quai, et, tout habillé, saute de douze pieds de haut.
Il fallait remonter le fleuve et aller chercher sous les bateaux ceux qui s'y noyaient.
Les deux marchands s'étaient cramponnés l'un à l'autre.
En ouvrant les yeux, Fosse les vit au fond du fleuve, se roulant et se débattant.
Il nagea droit sur eux; mais l'un le saisit par la jambe, l'autre par les épaules.