Fosse plonge tout habillé, passe avec elle sous le bateau, et reparaît de l'autre côté.
Mais le Rhône est gros et rapide, il entraîne le nageur et celle qu'il essaye de sauver.
Un nommé Vincent détache un batelet et rame au secours de Fosse.
Fosse s'accroche d'une main au bordage du batelet; de l'autre, il soutient madame de Sainte-Maure.
Le poids fait chavirer le batelet, qui, non-seulement chavire, mais encore se retourne.
Fosse laisse Vincent, qui sait nager, se tirer de là comme il pourra; il place madame de Sainte-Maure sur la quille du bateau, pousse le bateau vers la terre, et aborde à deux kilomètres de l'endroit où il avait sauté à l'eau.
Là, madame de Sainte-Maure est déposée dans la maison d'un constructeur de bateaux, nommé Raousse.
Les deux autres personnes sauvées par Fosse, en 1839, étaient un garçon cafetier de Beaucaire, et un nommé Soulier.
Peu de temps après, Fosse fut mandé chez M. Tavernel, maire de
Beaucaire.
M. Tavernel était chargé de lui remettre une médaille d'argent de deuxième classe, ou cent francs, à son choix; Fosse préféra la médaille; elle valait quarante sous.