Les Arabes disent: « La maison achevée, la mort y entre. » Aussi laissent-ils toujours quelque chose à faire à leurs maisons, d'où il résulte que, d'habitude, leurs maisons tombent en ruine sans avoir été achevées.
Le château de Louis d'Orléans achevé, les Bourguignons voulurent y
entrer. C'était à peu près la même chose que la mort. Mais aux
Bourguignons on pouvait résister, quoique ce fût difficile; et
Bosquiaux, capitaine orléaniste, défendit bravement Pierrefonds.
C'était au plus fort des guerres entre le duc d'Orléans et Jean, surnommé par ses flatteurs Jean Sans-Peur. C'était Jean Sans-Foi qu'il eût fallu l'appeler.
Singulière époque que cette époque. Le roi était fou, le royaume était fou.
Lequel avait donné sa folie à l'autre? On ne sait.
Les familles des vieux barons croisés étaient éteintes, ou à peu près. On cherchait, sans les pouvoir trouver, les grands fiefs souverains des ducs de Normandie, des rois d'Angleterre, des comtes d'Anjou, des rois de Jérusalem, des comtes de Toulouse et de Poitiers. À la place de cette puissante moisson fauchée par la mort, avait surgi une noblesse douteuse, aux écussons surchargés d'armes parlantes ou d'animaux monstrueux, et entourés de devises qui rendaient plus contestable encore la noblesse qu'elles étaient chargées de soutenir.
Puis les costumes, comme les blasons, étaient devenus étranges, inouïs, fantastiques.
Il y avait les hommes-femmes, gracieusement attifés, traînant des robes de douze aunes.
Il y avait les hommes-bêtes, aux justaucorps brodés de toutes sortes d'animaux.
Il y avait les hommes-musique, qui pouvaient servir de pupitre aux ménestrels et aux troubadours.