—Oh! une femme! s'écria la mère; elle aura pitié de moi.
Puis, à la femme:
—Je viens chercher la Mort, qui m'a pris mon enfant, dit-elle.
—Comment es-tu venue jusqu'ici et qui t'y a aidée? demanda la vieille.
—C'est le bon Dieu, dit la mère. Il a eu pitié de moi. Toi aussi, tu auras pitié de moi et tu me diras où je puis retrouver mon enfant.
—Je ne le connais pas, répondit la vieille, et, toi, tu ne peux plus le voir. Beaucoup de fleurs et d'arbres sont morts cette nuit. La Mort va bientôt venir pour les replanter; car tu n'ignores pas que chaque créature humaine a son arbre ou sa fleur de vie, suivant que chacun est organisé. Ils ont la même apparence que les autres végétaux, mais ils ont un coeur, et ce coeur bat toujours; car, lorsque les hommes ne vivent plus sur la terre, ils vivent au ciel. Et, comme les coeurs des enfants battent comme les coeurs des grandes personnes, peut-être au toucher reconnaîtras-tu le battement du tien.
—Oh! oui, oui, dit la mère, je le reconnaîtrai, j'en suis sûre.
—Quel âge avait ton enfant?
—Un an; il souriait depuis six mois, et avait dit pour la première fois maman, hier au soir.
—Je vais te conduire dans la salle des enfants d'un an; mais que me donneras-tu?