—Eh bien! voyons, je ne demande pas mieux; vous connaissez la catastrophe du 31 mai.
—Vous voulez parler de la proscription des girondins.
—Qui n'a eu lieu en réalité que le 2 juin, n'est-ce pas?
—Oui.
—Eh bien! depuis longtemps Jacques m'avait confié son amour pour vous et m'avait prié de chercher à savoir où vous demeuriez. Il est inutile que je vous dise par quel moyen j'ai eu votre adresse; le 30 mai elle m'est arrivée; de sorte que le 2 juin, en prenant congé de lui et en lui offrant un asile chez moi, qu'il m'a refusé sous prétexte qu'il en avait un plus sûr, mais en réalité, je crois, pour ne pas me compromettre, j'ai pu, pour dernier adieu, lui laisser dans la main, Josephplatz, 11, Vienne.
—Et alors il est parti?
—Je le crois.
—Sauvé, alors?
—N'ayez pas trop grande confiance sous ce rapport; la Providence est bonne fille, mais elle a ses caprices; dans tous les cas nous n'avons aucune nouvelle de lui. Vous connaissez le proverbe, Pas de nouvelles, bonnes nouvelles.
—Mais, ajoutai-je en hésitant.