On t'a glané cette gerbe humaine sur tous les degrés de l'échelle sociale. Voilà madame Sainte-Amarante et sa fille; voici quatre municipaux: Marino, Soulès, Froidiez et Daugé; voici mademoiselle de Grandmaison, une artiste des Italiens; voici Louise Giraud, qui a voulu voir ce que c'était qu'un tyran.

Elle l'a vu.

Et cette pauvre petite fille de seize ans, cette malheureuse Nicole, qui n'a rien fait que porter à manger à sa maîtresse.

Oh! que cela va être beau à voir; l'exécution durera au moins une heure.

Puis des canons, des soldats. On n'a rien vu de pareil depuis l'exécution de Louis XVI.

Adieu, mon ami, adieu, mon bien-aimé, adieu, ma vie, adieu, mon âme, adieu, tout ce que j'ai aimé, tout ce que j'aime, tout ce que j'aimerai jamais... Adieu!

Je vais voir tout cela et jeter ma malédiction à cet homme.

XIV

(suite du manuscrit d'éva sur feuilles volantes).

La Force, 17 juin 1794, au soir.