—La mort sans phrases.
Combien peu de mots il faut au génie pour exprimer sa pensée! pour la faire comprendre au présent et à l'avenir; pour la mouler en bronze, enfin.
Évidemment, Sieyès était l'homme de génie de cette réunion; mais il ne pouvait être l'homme d'exécution, étant prêtre.
Vers trois heures, je refermai ma fenêtre et je me couchai.
Mais je ne pus dormir que de ce sommeil fiévreux qu'habitent les rêves insensés.
La seule chose qui continuât à battre dans mon cerveau comme le balancier d'une pendule c'était la phrase de Sieyès. C'était dans cette phrase qu'était la véritable condamnation de Robespierre.
Le jour vint comme je commençais de m'endormir. Vers huit ou neuf heures je m'éveillai. J'entendis du bruit dans la rue; je me levai promptement, j'entre-baillai ma fenêtre.
Il y avait déjà un groupe de jacobins (et par jacobins j'entends des habitués du club) à la porte du menuisier Duplay. Beaucoup de gens entraient et sortaient; ils allaient évidemment prendre le mot d'ordre de Robespierre.
Au milieu de toute cette foule un homme s'arrêta, deux yeux se fixèrent sur moi, un regard passa par l'entrebâillement de ma jalousie. Je la refermai rapidement; mais il était trop tard, j'avais été reconnue.
Deux minutes après on frappait à ma porte, et j'allais ouvrir sans trop d'inquiétude.