—Ah! qu'un tyran est dur à abattre! hurle Fréron, qui demande vengeance pour le sang de Camille Desmoulins et celui de Lucile.
L'arrestation est mise aux voix par le président Thuriot, et décrétée à l'unanimité.
—Maintenant ce n'est pas le tout de la voter, dit une voix: qu'on l'exécute.
Thuriot, pour la seconde fois, donne l'ordre d'exécuter le décret, qui comprend Robespierre, Lebas et Robespierre jeune. Couthon et Saint-Just vont se ranger près de lui. Ils sont au premier banc de la Plaine, et un grand vide s'établit autour d'eux.
Les huissiers hésitent à faire leur devoir; comment oseront-ils porter la main sur ces rois de l'assemblée dont ils ont si longtemps reçu les ordres?
Enfin ils se décident à s'approcher d'eux et leur signifient le décret de la Convention.
Les cinq accusés se lèvent et sortent lentement, pour être conduits devant les comités.
Toute l'assemblée respire. Cette lutte de quatre cents députés contre un seul homme, indique à quel point cet homme était puissant. Tant qu'il était là, chacun se demandait: Est-ce fini? Moi aussi je respire, moi aussi je m'élance.
Déjà le bruit de l'arrestation de Robespierre s'est répandu dans la cour du Carrousel, et de la cour du Carrousel a plané sur tout Paris.
Je ne sais si c'est une illusion, mais il me semble que tous les cœurs sont joyeux, que toutes les bouches sourient; des gens qui ne se connaissent pas courent les uns aux autres en criant: