—Eh bien, lui demanda-t-il, qu'a-t-elle répondu?
—Elle a répondu: «Que sa volonté et celle de Dieu soient faites,» puis elle a joint les mains et prié. C'est une sainte personne que mademoiselle Éva.
—Merci, mon père, dit Jacques, et il continua son chemin.
Mais il était facile de voir que s'il avait imposé quelque nouvelle pénitence à Éva, il supportait lui-même et douloureusement une portion de cette pénitence, car, au fur et à mesure qu'il se rapprochait d'Argenton, son front se rembrunissait; et, quand il mit la main sur le marteau de la porte de la petite maison, comme s'il eût voulu annoncer sa présence et ne point paraître tout à coup à l'aide de sa clef, on eût pu voir que sa main tremblait.
Il frappa cependant et Marthe vint ouvrir.
—Il ne s'est rien passé d'extraordinaire en mon absence? demanda Jacques.
—Non, monsieur, répondit la vieille Marthe; le curé du château, M. Didier, est venu; il a causé pendant dix minutes avec mademoiselle Éva; celle-ci a pleuré, je crois, et s'est retirée dans sa chambre.
Jacques Mérey fit un signe de la tête, hésita un instant s'il entrerait dans la chambre d'Éva ou s'il monterait dans son laboratoire sans y entrer; mais arrivé au premier, il s'avança doucement jusqu'à la porte, écouta et frappa:
—Entrez, dit la voix d'Éva, qui, sachant que Jacques Mérey ne frappait pas d'habitude à la porte de la rue, ne l'avait pas reconnu et croyait avoir affaire à un étranger.
Mais à peine eût-il ouvert la porte qu'elle jeta un cri, tomba à genoux et dit en ouvrant les mains et les bras: