Puis, page 347: «Galbaud, envoyé pour renforcer la garnison de Verdun, était arrivé trop tard.» Pas un mot de plus; de Beaurepaire, il n'est pas question.
Le fait n'est cependant pas commun.
Une ville rendue contre la volonté d'un commandant de place qui se brûle la cervelle;
Vingt-trois citoyens, convaincus d'en avoir ouvert les portes à l'ennemi, exécutés le 25 avril 1794;
Dix femmes, dont la plus vieille âgée de cinquante-cinq ans et la plus jeune de dix-huit, les suivant sur l'échafaud pour avoir offert des fleurs et des bonbons à l'ennemi, cela valait la peine d'être relaté, ne fût-ce que dans une note.
Quant à Dumouriez, dans ses Mémoires, il ne dit que quelques mots de Verdun, et appelle Beaurepaire, Beauregard!
Quand ce ne serait que pour cette erreur, Dumouriez mériterait le titre de traître.
Michelet, l'admirable historien, cet homme à qui les gloires de la France sont si chères, parce qu'il est lui-même une de ces gloires, ne passe pas ainsi à côté du cercueil de Beaurepaire sans s'arrêter.
Il s'y agenouille, il y prie.
«Un sentiment tout semblable, dit-il, fit vibrer la France en ce qu'elle eut de plus profond quand un cercueil la traversa, rapporté de la frontière, celui de l'immortel Beaurepaire, qui, non point par des paroles, mais par un acte d'un seul coup, lui dit ce qu'elle devait faire en pareille circonstance.