Ce qu'elle craignait, c'est ce qui arriva.

Au fur et à mesure qu'ils entraient, ces hommes, tous enfants du 10-Août, tous inspirés de l'esprit qui avait présidé à cette grande journée, ces hommes se désignaient par les noms de royalistes et d'hommes de Septembre.

Ces hommes qui venaient combattre pour la France et qui, au lieu de combattre pour la France, avaient combattu l'un contre l'autre, ces hommes s'ignoraient complètement.

Ils se frappèrent sans se connaître.

Les girondins n'étaient pas royalistes, c'étaient eux que l'on désignait sous ce nom.

Ce fut un discours de Vergniaud qui fit le 10-Août. «Nous avons vu, avait-il dit en désignant du doigt les Tuileries, nous avons vu vingt fois la terreur sortir de ce château. Qu'elle y rentre une fois, et que tout soit dit!»

Les montagnards n'avaient rien à faire avec Septembre. On savait que Danton lui-même, qui en avait pris la responsabilité pour que le sang versé ne tachât point la France, on savait que Danton n'y était pour rien.

On savait que c'était Marat et Robespierre qui avaient tout fait, avec un agent secondaire, Panis.

Les deux accusations était donc fausses.

Presque tous les girondins, qu'on accusait de royalisme, votèrent la mort du roi.