—Oh! pour un passeport, elles en avaient un, seulement pour quel pays? le diable m'emporte si je me le rappelle!

—Ce serait fâcheux, mon ami, dit gravement Jacques Mérey, si vous l'aviez oublié.

—Dans tous les cas, si vous y tenez absolument, vous pourrez le savoir à la préfecture qui l'a délivré.

—C'est vrai, dit Jacques Mérey.

Et, comme il n'avait pas de temps à perdre:

—À la préfecture! cria-t-il.

Le postillon monta le rue au galop, et au galop entra dans la cour.

Jacques Mérey sauta rapidement à terre; mais pensant qu'il fallait faire plus de façons avec un préfet qu'avec un maître de poste, il se munit de la lettre de Garat qui le chargeait de rechercher l'identité du seigneur de Chazelay, et, sa lettre à la main, il entra dans le cabinet du préfet.

—Citoyen préfet, dit-il, je suis chargé par le ministre de la Justice, dont voici l'ordre, de constater l'identité du ci-devant seigneur de Chazelay, qui a été fusillé le 20 du présent mois à Mayence. J'arrive de Mayence, où cette identité a été constatée; mais ma mission ne s'arrêtait point à lui; elle s'étendait aux autres membres de sa famille, à sa sœur et à sa fille, qui habitent Bourges.

—Mais qui ne l'habitent plus, monsieur; elles sont parties le 24 de ce mois-ci.