—Va me chercher le postillon qui, le 23, a conduit Mlle de Chazelay.
—Je le connais, dit le gamin, c'est Pierrot.
—Tu en es sûr?
—Si j'en suis sûr! à preuve qu'il m'a donné un coup de fouet parce que j'avais ramassé et que je mangeais une prune qui était tombée du panier de provisions de mademoiselle Jeanne.
Et Jacques se rappela en effet que, dans une de ses trois lettres à son frère, Mlle de Chazelay désignait sa femme de chambre sous le nom de Jeanne.
—Eh bien! va me chercher Pierrot, garçon, dit Jacques au commissionnaire.
Pierrot accourut avec une promptitude qui annonçait que Francis lui avait parlé des façons libérales du voyageur.
Le postillon avait le visage souriant.
—C'est toi, lui demanda Jacques, qui as conduit la voiture de Mlle de Chazelay, le 24 octobre dernier, à trois heures de l'après-midi?
—Mlle de Chazelay? attendez donc, dit Pierrot, une vieille à mine de religieuse, avec une femme de chambre et une jeune fille qui avait l'air malade, n'est-ce pas?