—Si elle revient, n'est-ce pas, vous me le ferez savoir?
Et, de toutes ces bouches qui semblaient attendre cette confidence pour parler, de tous ces cœurs qui semblaient attendre cet appel pour s'ouvrir, s'échappa cette promesse unanime:
—Oh oui! oui! oui!
Pas une voix n'avait nommé Éva, et tous savaient que c'était d'elle qu'il avait voulu parler.
XXXIII
Où Jacques Mérey perd la piste
En quittant Argenton, la voiture prit la route de Saint-Amand. C'était le même postillon qui avait conduit Mlle de Chazelay qui conduisait Jacques Mérey.
À la première poste, c'est-à-dire à La Châtre, de nouvelles informations furent prises, et de postillon à postillon on eut encore une certitude.
À Saint-Amand, les renseignements commencèrent à être plus difficiles; il fallut consulter les livres de poste, très exactement tenus à cette époque à cause des lois contre les émigrés.
À Autun, on perdit la trace. Probablement les voyageuses avaient passé pendant la nuit, et le maître de poste n'avait pas jugé à propos de se lever pour inscrire les chevaux sur son registre.
À Dijon, comme on dit en termes de chasse, on en revit, puis on continua, sur des indices plus ou moins certains, la route jusqu'à Strasbourg.