Les jacobins, de leur côté, s'étaient jetés dans des excès qu'à tort ou à raison ils avaient cru nécessaires à la révolution.

Ils avaient fait les journées de Septembre.

Les girondins regardaient les actes des 2 et 3 septembre comme des crimes atroces; ils avaient demandé la poursuite de ces crimes.

Ils firent, comme nous l'avons dit, accuser Robespierre à la tribune. Par qui? Par Roland qui était l'intégrité; par Condorcet qui était la science; par Brissot qui était la loyauté; par Vergniaud qui était l'éloquence? Non. Par Louvet, l'auteur de Faublas, c'est-à-dire aux yeux de tous par la frivolité.

Robespierre répondit par deux mensonges. Il dit qu'il n'avait jamais eu de relation avec le comité de surveillance de la Commune, premier mensonge; il répondit qu'il avait cessé d'aller à la Commune avant les exécutions, second mensonge.

Les honneurs de la séance furent pour Robespierre. De ce jour date le premier nuage jeté sur la popularité de la Gironde.

Il s'agissait d'élire un nouveau maire. Un ex-cordonnier de la rue Mauconseil, nommé Lhuillier, balança trois jours le candidat girondin, Chambon, qui fut nommé à grand'peine.

Signe grave et sinistre, la majorité flottait entre elle et les jacobins.

Les jacobins et la Montagne avaient cru la mort du roi indispensable, et ils avaient, comme un seul homme, voté la mort du roi, sans appel et sans sursis.

Les girondins, au contraire, au moment de la chute du roi, avaient eu l'imprudence de lui écrire; puis, le moment venu de voter, ils avaient voté ensemble, les uns pour la mort simple, les autres pour la mort avec sursis, les autres pour la mort avec appel.