Je devais laisser la croisée de ma chambre ouverte.
C'était la première fois que je le recevais ainsi, et j'espérais être aussi forte, dans cette dernière entrevue, contre lui et contre mon cœur, que je l'avais toujours été.
Hélas! je me trompais! Sans cette nuit, je n'eusse été que malheureuse. Par cette nuit, je fus perdue.
Au point du jour, Gabriel me quitta; il fallait nous séparer. Je le reconduisis par la porte du jardin qui donnait sur les dunes.
Là, il me renouvela toutes ses promesses; là, il me jura de nouveau qu'il n'aurait jamais d'autre femme que moi, et il endormit du moins mes craintes, s'il n'endormit point mes remords.
Nous nous quittâmes. Je le perdis de vue au coin du mur, mais je courus pour le revoir encore; et, en effet, je l'aperçus qui suivait d'un pas rapide le sentier qui conduisait à la grande route.
Il me sembla qu'il y avait dans la rapidité de ce pas quelque chose qui constrastait singulièrement avec ma douleur à moi.
Je le rappelai par un cri.
Il se retourna, agita son mouchoir en signe d'adieu, et continua son chemin.
En tirant son mouchoir, il fit, sans s'en apercevoir, tomber un papier de sa poche.