Malheureusement, comme je l'ai dit, c'était une de ces physionomies dans lesquelles rien ne frappe, et qui, à moins de raisons particulières, ne peuvent produire en passant devant nous aucune impression.
Tout en demeurant convaincu que j'avais déjà vu cet homme, ce que sa persistance à fuir mes regards me démontrait encore, il m'était donc impossible de me rappeler où et comment je l'avais vu.
Je m'approchai du garde-chiourme, et lui demandai le nom de celui de mes convives qui faisait si mal honneur à mon repas.
Il s'appelait Gabriel Lambert.
Ce nom n'aidait en rien à ma mémoire: c'était la première fois que je l'entendais prononcer.
Je crus que je m'étais trompé, et, comme Jadin apparaissait sur le seuil de notre villa, j'allai au-devant de lui.
Jadin apportait nos deux fusils, notre promenade n'ayant pas d'autre but ce jour-là que de faire la chasse aux oiseaux de mer.
J'échangeai quelques paroles avec Jadin; je lui recommandai d'examiner avec attention celui qui était l'objet de ma curiosité.
Mais Jadin ne se rappelait aucunement l'avoir vu, et, comme à moi, ce nom de Gabriel Lambert lui était parfaitement étranger.
Pendant ce temps nos forçats venaient d'achever leur collation, et se levaient pour reprendre leur poste dans la barque; nous nous en approchâmes à notre tour.