—Non! non! s'écria le baron en se cramponnant à mon bras; non, ne vous en allez pas. Si vous vous en allez, ils n'auront plus aucune pitié de moi; ils me traîneront dans les rues comme un criminel.
—Mais à quoi puis-je vous être bon, moi, monsieur? demandai-je. Je n'ai aucune influence sur ces messieurs.
—Si, si, vous en avez, docteur; détrompez-vous, dit-il à demi-voix, un honnête homme a toujours de l'influence sur ces gens-là. Demandez-leur de m'accompagner jusqu'à la police, et vous verrez qu'ils me laisseront aller en voiture et qu'ils ne me garrotteront pas.
Un sentiment de profonde pitié me serrait le cœur, et l'emportait sur le mépris.
—Monsieur V..., dis-je au chef des agens, ce malheureux me prie d'intercéder en sa faveur; il est connu dans tout le quartier, il a été reçu dans le monde.... Eh bien! je vous en supplie, épargnez-lui les humiliations inutiles.
—Monsieur Fabien, me répondit V... avec une politesse exquise, je n'ai rien à refuser à un homme comme vous.
»J'ai entendu que cet homme vous priait de l'accompagner jusqu'à la police. Eh bien! si vous y consentez, je monterai avec vous dans la voiture, voilà tout, et les choses se passeront en douceur.
—Docteur, je vous en supplie, dit le baron.
—Eh bien! dis-je, soit, j'accomplirai ma mission jusqu'au bout. Monsieur V..., ayez la bonté d'envoyer chercher un fiacre.
—Et faites-le approcher de la porte qui donne dans la rue du Helder! s'écria le baron.