XVIII

UNE VEILLÉE DU ROI.

Il était dix heures et demie. Je voulus prendre congé d'eux, mais tous me répondirent qu'avec ma permission, ils resteraient chez moi à attendre l'issue de ma visite à Sa Majesté.

J'arrivai aux Tuileries. Il y avait cercle chez la reine.

La reine, les princesses et les dames d'honneur, assises autour d'une table ronde, travaillaient selon leur habitude à faire de la tapisserie destinée à des œuvres de bienfaisance.

On me dit que le roi s'était retiré dans son cabinet et travaillait.

Vingt fois il m'était arrivé de pénétrer avec Sa Majesté dans ce sanctuaire. Je n'eus donc pas besoin de me faire conduire: je connaissais le chemin.

Dans la chambre attenante, travaillait un des secrétaires particuliers du roi, nommé L.... C'était un de mes amis, et de plus un de ces hommes sur le cœur duquel on peut toujours compter.

Je lui dis quelle cause m'amenait, et le priai de prévenir Sa Majesté que j'étais là et que je sollicitais la faveur d'être admis près d'elle.