—Oui, sans doute, je me bats quand il le faut; mais, vous le savez, on ne se bat pas avec tout le monde.

—Je comprends, cet homme est un chevalier d'industrie.

—Je n'en ai aucune certitude, mais j'en ai peur.

—En ce cas, mon cher, vous avez parfaitement raison; la vie est un capital qu'il ne faut risquer que contre un capital à peu près équivalent; celui qui fait autrement joue un jeu de dupe.

En ce moment la porte d'une loge s'ouvrit, et une jeune et jolie femme fit coquettement signe de la main à Olivier qu'elle désirait lui parler.

—Pardon, mon cher, il faut que je vous quitte.

—Pour longtemps?

—Non, continuez de vous promener dans le corridor, et avant dix minutes je vous rejoins.

—A merveille.

Je continuai de me promener seul pendant le temps indiqué, et je me trouvais du côté opposé à celui où j'avais quitté Olivier, lorsque j'entendis tout à coup une grande rumeur, et que je vis les autres promeneurs se porter du côté où cette rumeur était née; je m'avançai comme tout le monde, et je vis sortir d'un groupe Olivier qui, en m'apercevant, s'élança à mon bras en me disant: