Ce octobre, 18....
Cette nuit j'ai été prévenu, à une heure du matin, qu'un duel devait avoir lieu entre monsieur Henry de Faverne et monsieur Olivier d'Hornoy, et que ce dernier me faisait prier de les accompagner sur le terrain.
Je me rendis chez lui à cinq heures précises.
A six heures nous étions allée de la Muette, lieu du rendez-vous.
A six heures un quart, monsieur Henry de Faverne tombait blessé d'un coup d'épée.
Je m'élançai aussitôt vers lui, tandis qu'Olivier et ses témoins remontaient en voiture et reprenaient le chemin de Paris; le blessé était évanoui.
Il était évident, en effet, que la blessure était sinon mortelle du moins des plus graves: la pointe du fer triangulaire entrait, du côté droit et était sortie de plusieurs pouces du côté gauche.
Je pratiquai à l'instant même une saignée.
J'avais recommandé au cocher de prendre, en revenant, l'avenue de Neuilly et les Champs-Elysées, d'abord parce que cette route était la plus courte, mais surtout parce que la voiture, pouvant rouler continuellement sur la terre, devait moins fatiguer le blessé.
En arrivant à la hauteur de l'Arc-de-Triomphe, monsieur de Faverne donna quelques signes de vie; sa main s'agita et, paraissant chercher le siége d'une douleur profonde, s'arrêta sur sa poitrine.