—Sara, dit Georges, quand j'ai quitté l'Europe pour revenir ici, mon seul désir était celui d'y trouver un cœur comme le vôtre; mais je ne l'espérais pas.
—Monsieur, murmura Sara, dominée malgré elle par l'accent profond de la voix de Georges, je ne sais ce que vous voulez dire.
—Je veux dire que, depuis le jour de mon arrivée, j'ai fait un rêve, et que, si ce rêve se réalise jamais, je serai le plus heureux des hommes.
Puis, sans attendre la réponse de Sara, Georges s'inclina respectueusement devant elle, et, voyant s'approcher M. de Malmédie et son fils, laissa Sara avec son oncle et son cousin.
Cinq minutes après, lord Murrey revint annoncer à Sara que la voiture était prête, et lui offrit le bras pour traverser le salon. Arrivée à la porte, la jeune fille jeta un dernier regard de regret sur le bal où elle s'était promis tant de plaisir, et disparut.
Mais ce regard avait rencontré celui de Georges, qui semblait devoir désormais la poursuivre.
En revenant de conduire mademoiselle de Malmédie à sa voiture, le gouverneur rencontra dans l'antichambre Georges, qui s'apprêtait à quitter le bal à son tour.
—Et vous aussi? dit lord Murrey.
—Oui, milord; vous n'ignorez pas que je demeure pour le moment à Moka, et que j'ai, par conséquent, près de huit lieues à faire; heureusement qu'avec Antrim, c'est l'affaire d'une heure.
—Vous n'avez rien eu de particulier avec M. Henri de Malmédie? demanda le gouverneur avec l'expression de l'intérêt.