—Est-ce que tu souffres encore d'avoir été attaché par la ceinture? demanda le nègre.

—Oh! non, papa, moi pas douillet comme cela.

—Alors, tu as donc du chagrin?

Cette fois, Cambeba ne répondit qu'en agitant en signe d'affirmation la tête de haut en bas.

—Et pourquoi as-tu du chagrin? demanda Laïza.

—Antonio preni mo banane, que moi été obligé voler, pour ma femme qui été malade, et moi n'a plus rien pour donner à li à présent.

—Eh bien, alors, donne-lui un morceau de ce porc sauvage.

—Li pas capable mangi viande. Non, li pas capable, papa Laïza.

—Holà! dit Laïza à voix haute, qui a ici une banane à me donner?

Une douzaine de bananes sortirent comme par miracle de dessous la cendre. Laïza prit la plus belle et la donna à Cambeba, qui se sauva avec, sans prendre même le temps de remercier; puis, se retournant vers Bonhomme, à qui appartenait le fruit: