Entrez, mon beau cousin, entrez. Nous avions songé d'abord à faire dresser, nous-même, l'acte de reconnaissance que nous avions promis; mais nous avons pensé, depuis, que celui que M. d'Humières a fait signer aux nobles de Péronne et de la Picardie serait ce qu'il y aurait de mieux. Quant à celui de nomination du chef, un article au bas du premier suffira, et déjà vous avez sans doute quelques idées pour sa rédaction?

LE DUC DE GUISE

Oui, sire, je m'en suis occupé. J'ai voulu épargner à Votre Majesté la peine…l'ennui.

HENRI

Vous êtes bien aimable, mon cousin; veuillez donner cet acte à M. le baron d'Epernon: lisez-le-nous à haute et intelligible voix, baron. Or, écoutez, messieurs.

D'EPERNON, lisant

«Association faite entre les princes, seigneurs, gentilshommes et autres, tant de l'état écclésiastique que de la noblesse de Picardie. Premièrement…»

HENRI

Attends, d'Epernon. Messieurs, nous connaissons tous cet acte, dont je vous ai montré copie; il est donc inutile de lire les dix-huit articles dont il se compose: passez à la fin; et vous, monsieur le duc, approchez et dictez vous-même. Réfléchissez qu'il s'agit de nommer un chef à une grande association! Il faut donc que ce chef ait de grands pouvoirs…Enfin, mon beau cousin, faites comme pour vous.

LE DUC DE GUISE